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Micro, petites et moyennes entreprises : des partenaires indispensables pour améliorer la gouvernance forestière et enrayer la déforestation et la dégradation des forêts

Micro, petites et moyennes entreprises : des partenaires indispensables pour améliorer la gouvernance forestière et enrayer la déforestation et la dégradation des forêts

Les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) de production et de transformation du bois contribuent grandement à satisfaire la demande croissante de produits bois à l’échelle mondiale, tout en étant indispensables au développement des moyens de subsistance et à la prospérité des économies nationales. On estime que 50 % des emplois dans la filière forêt-bois sont créés par des MPME, ce chiffre pouvant atteindre 80 à 90 % dans certains pays. Les MPME sont en outre les principaux fournisseurs des marchés nationaux et régionaux dans les premières régions productrices de bois tropicaux du globe. Les ressources forestières des différents pays subissent de plein fouet la pression induite par la hausse sensible de la demande de produits forestiers. Les MPME de la filière forêt-bois sont essentielles pour garantir une utilisation durable et légale des ressources forestières dans les années à venir.

Afin de mieux comprendre les stratégies d’accompagnement des MPME dans le cadre de la réalisation de ces objectifs, le Programme FAO-UE sur l’application des réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux (FLEGT) et l’Institut européen de la forêt (EFI) ont organisé un webinaire sur le thème « En quoi le soutien apporté aux MPME pour qu’elles puissent exercer leur activité durablement et dans le respect de la légalité a-t-il amélioré la gouvernance forestière et les moyens de subsistance ? ». Ce webinaire a été l’occasion de comprendre en quoi la modification des techniques de gestion forestière et de transformation du bois dans le cadre du soutien apporté par le Programme FAO-UE FLEGT et l’EFI a permis d’améliorer l’accès aux marchés et de renforcer la compétitivité des MPME, tout en réduisant leur vulnérabilité face à la fluctuation des marchés nationaux et internationaux.

Le séminaire en ligne s’est articulé autour de trois grands thèmes :

  • Renforcer la capacité des MPME à exercer une activité légale et durable.
  • Les intégrer aux chaînes d’approvisionnement légales.
  • Aider les MPME à surmonter les contraintes imposées par la formalisation.

Après avoir écouté les interventions de deux bénéficiaires du projet (Wichat Prathanrat, Vice-secrétaire permanent de la municipalité du sous-district de Banthi, en Thaïlande, et Le Phi Chien, Directeur de l’entreprise Bach Viet et de la société de capitaux (JSC) Moc Dan Phuong, au Vietnam), les participants ont assisté à une table ronde animée par Sheam Satkuru de l’Organisation internationale des bois tropicaux.


 

Accompagner les MPME de la filière forêt-bois sur la voie d’une activité légale et durable

Les experts de la table ronde ont souligné la nécessité d’adapter l’accompagnement des MPME à leurs besoins particuliers et aux ressources disponibles. Le spécialiste indépendant des MPM Laurent Ayemou, également ancien chef de projet pour l’Association des volontaires pour le service international (AVSI) de Côte d’Ivoire, a indiqué que lorsqu’il était adapté aux besoins des entreprises, le renforcement des capacités permettait de renforcer leurs capacités techniques. Il a ajouté que ce renforcement se traduisait aussi par des efforts de régularisation des activités des MPME, une augmentation de leur compétitivité et de leurs revenus, et par conséquent des moyens de subsistance.

Peter Zormelo, responsable de la Division développement du commerce et de l’industrie (TIDD) à la Commission forestière du Ghana, et Ngo Sy Hoai, Vice-président et Secrétaire général de l’Association vietnamienne du bois et des produits forestiers (VIFORES), ont tous deux éclairé les participants sur les effets concrets du renforcement des capacités. Grâce au soutien apporté par le Programme FAO-UE FLEGT et l’EFI, la VIFORES et la TIDD ont aidé les MPME à réorganiser leurs installations de production et leur ont dispensé des formations en matière de réduction des rebuts et de rentabilisation de la matière première.

Revenant sur la nécessité de promouvoir la formalisation de la filière, les experts de la table ronde ont montré que l’intégration des entreprises dans des chaînes logistiques légales pouvait les inciter à exercer leur activité dans le respect de la légalité. P. Zormelo a expliqué que le fait de garantir aux MPME un accès sans entrave à la matière première d’origine légale était fondamental pour le respect de la légalité et les efforts de régularisation des opérateurs. C’est à cette fin que la TIDD a créé le réseau national de la filière bois (Domestic Timber Trade Network), dont l’objectif est de favoriser la création de liens entre les MPME et avec d’autres acteurs de la filière bois, ce qui aura pour effet de dynamiser l’offre de bois d’origine légale sur les marchés nationaux.

L’expérience de P. Zormelo rejoignait les constatations faites par W. Prathanrat lors de son intervention. En Thaïlande, l’offre de matière première ligneuse a été dopée par la réforme de la législation qui autorise désormais les MPME à utiliser du bois recyclé. Cela a permis à certaines entreprises de transformation basées dans le sous-district dont vient W. Prathanrat de légaliser leur activité, puis de former une association des utilisateurs de bois recyclé.

Tout bien considéré, plusieurs freins qui entravent la formalisation des MPME subsistent. La Directrice générale de la Fédération des industriels du bois de Colombie (FEDEMADERAS) Alejandra Ospitia a évoqué le flou juridique et l’évolution perpétuelle de la réglementation que subissent les MPME colombiennes. Les experts ont dégagé plusieurs stratégies permettant de surmonter ces contraintes, notamment la clarification juridique, la formation, l’alliance entre les secteurs privé et public, et la révision des politiques fiscales et budgétaires pour stimuler la compétitivité.


 

Accompagnement des MPME : quel avenir ?

Qu’il s’agisse de la Thaïlande, du Vietnam, de la Côte d’Ivoire, du Ghana ou de la Colombie, il ne fait aucun doute que les efforts d’intégration des MPME dans les chaînes d’approvisionnement légales leur ont donné les connaissances dont elles avaient besoin pour améliorer leurs procédés de fabrication, leur compétitivité et renforcer les liens interentreprises. Le développement des entreprises reste donc une composante importante du soutien apporté aux MPME.

Lors de la clôture du webinaire, Valérie Merckx, la responsable de l’Unité FLEGT et REDD à l’EFI, a observé en guise de conclusion que les MPME pouvaient faire partie de la solution quand il s’agit d’améliorer la gouvernance forestière et d’atteindre les objectifs de développement durable. Il faut ainsi inciter les MPME à adopter des pratiques d’approvisionnement et de transformation durables qui respectent la légalité au travers de formations spécialisées, les cadres juridiques devant en outre être adaptés à leurs particularités. L’accompagnement des MPME crée un environnement propice à leur réussite, laquelle est essentielle pour l’économie rurale, la création d’emplois et de moyens de subsistance, et pour assurer un développement durable.

Visionner l’enregistrement intégral du webinaire ci-dessous.

Le Programme FAO-UE FLEGT et l’EFI remercient les bénéficiaires du projet et les experts de la table ronde, Wichat Prathanrat, Le Phi Chien, Peter Zormelo, Ngo Sy Hoai, Alejandra Ospitia et Laurent Ayemou pour leur participation et la qualité de leurs interventions, ainsi que Sheam Satkuru pour ses talents d’animatrice.

 

 Pour de plus amples informations :